Nos randonnées, Suisse

Une nuit au cœur du Parc national suisse

Les Grisons… Troisième année consécutive que nous parcourons les sentiers du Parc national et c’est toujours le coup de foudre. Cette fois, nous avons emmené la maman de Raphaël et sa sœur pour passer une nuit en plein cœur du parc. Une occasion unique de se réveiller au milieu de la nature.

Il existe qu’une seule cabane à l’intérieur du parc national, la Chamanna Cluozza. Elle est atteignable en trois heures de marche depuis Zernez ou en sept heures depuis S-Chanf. Les autres possibilités d’hébergement, comme Il Fuorn où nous avions séjourné la dernière fois ou l’Hôtel Spöl où nous avons dormi avant de partir randonner se trouvent en dehors. A noter que le camping est interdit dans tout le parc!

Parc National - Val Müschauns

Parc National Suisse - Fuorcla Val Sassa

Ce matin, la météo est maussade mais normalement, aucune pluie n’est annoncée avant 16 heures. Nous devrions avoir le temps d’avaler les 7 heures de marche qui nous attendent pour rejoindre la Chamanna Cluozza avant l’orage. Après avoir parqué la voiture à la gare de Zernez, nous sautons dans le train en direction de S-Chanf et prenons le bus jusqu’au départ de la randonnée. Le parking nous rappelle des souvenirs, nous y avions passé la nuit avant notre petit-déjeuner avec les marmottes du Val Trupschun.

Il est encore tôt, le soleil ne s’est pas levé dans la vallée et le brouillard est encore présent.

Arrivés à la première bifurcation, nous prenons la direction du Val Müschauns. Il n’y a personne sur les sentiers. On essaie d’observer les animaux qui viennent profiter des premiers instants de la journée avant que les marcheurs ne débarquent. On remarque un troupeau de bouquetins qui s’amusent sur les rochers. On continue de grimper.

Parc National suisse - Fuorcla Val Sassa

Parc national suisse - Fuorcla Val Sassa

Nous arrivons à la limite d’un étage de végétation, les arbres se font plus petits jusqu’à disparaître et faire place à une étendue de cailloux. Un ranger du parc est en train de faire des relevés. On s’arrête quelques minutes vers lui pour qu’il nous explique ce qu’il est en train de chercher.

Le Val Müschauns est réputé pour observer des bouquetins et des cerfs. Grâce à une antenne, il reçoit le signal des animaux équipés d’un collier. S’ils sont assez près de lui, il peut télécharger les données récoltées et connaître leurs déplacements dans le parc. Des renseignements très précis pour l’étude de leurs déplacements et de leur comportement.

Parc national suisse - Fuorcla Val Sassa

Un peu plus haut, nous arrivons à un point clé de la randonnée. Il n’est pas très difficile à passer (même si vous avez le vertige) mais il est peut-être prudent d’emporter une corde avec vous. Il faut passer un reste de névé et glisser ne serait pas forcément judicieux dans cette étendue de cailloux.

Raphaël sort la corde de son sac et permet à sa maman et à sa sœur de passer les premières. Je suis et je l’attends de l’autre côté. Une main courante a été placée dans la roche pour éviter de glisser. Il suffit de se tenir et de ne pas trop regarder en bas.

Parc national suisse - Fuorcla Val Sassa

L’altitude commence à se faire sentir. C’est peut-être aussi le poids de mon sac à dos ou alors la randonnée un peu trop énergique du jour précédant… Je traîne un peu la patte. Raphaël m’attend et me montre deux petits bouquetins en train de faire les ploucs pour me changer les idées. (Pour l’anecdote, en Suisse, faire le plouc c’est faire l’idiot et en France, il s’agirait d’un terme péjoratif et injurieux… C’est vrai?) On décide de faire une petite pause pour avaler une morse avant de repartir.

Il fait froid. Le ciel commence à se couvrir. Les prévisions météorologiques plutôt clémentes de ce matin vont-elles tenir jusqu’à notre arrivée à la cabane? On enfile les Gore-Tex et on ne se pose pas trop de question. Il faut qu’on passe le col du Fuorcla Val Sassa avant que l’orage n’arrive…

Juste avant le sommet, la vue est époustouflante. Un lac bleu de montagne fait son apparition. Le ciel gris menaçant rend le paysage encore plus beau. La descente peut maintenant commencer.

Parc national Suisse - Fuorcla Val Sassa

Parc national Suisse - Fuorcla Val Sassa

Le chemin est un peu raide. On se concentre pour poser les pieds sur les grosses pierres. Il faut dire que nous sommes dans le plus long glacier rocheux de Suisse alors on ne va pas trouver autre chose que des cailloux. Ah si! Des restes de neige!

On ne s’était pas trompé. Les nuages menaçants commencent à percer et nous recevons les premières gouttes. Chloé fait la pitre, on rigole avec elle. On n’a plus trop le choix, la cabane est en bas et ce n’est pas trop prudent de rester là. Pour rendre les choses encore plus facile, un brouillard à couper au couteau s’en mêle. Il faut rester concentré pour ne pas se perdre.

Parc national Suisse - Fuorcla Val Sassa

La pluie se fait toujours plus forte. On ferme les vestes. On range les appareils photo. On serre les dents et on avance. Un pas après l’autre. J’évite de trop réfléchir. Les muscles se crispent, les jambes tremblotent. Je n’aime pas les descentes.

Personne ne parle. On se contente d’avancer.

Les chaussures commencent à percer. On espère que les sacs étanches à l’intérieur de nos sacs à dos portent bien leur nom car ils contiennent nos vêtements secs. La descente semble durer des heures.

Puis enfin, la végétation fait son retour. De la mousse, un buisson. La pluie s’arrête. Je souris. On a froid. Raphaël a les mains gelées. Le soleil brille. Une rivière. C’est presque irréel et c’est comme ça que j’imagine le Canada.

Parc national Suisse - Fuorcla Val Sassa

Une dernière petite montée nous casse les jambes. On sent l’odeur du feu. La cabane est enfin là.

Le refuge de Chamanna Cluozza

A notre arrivée, nous sourions. Nous ne sommes pas les seuls à avoir pris la pluie. Des quantités de vêtements sont pendus partout, c’est même plutôt drôle. L’ambiance est détendue, tout le monde est dehors. Je suis un peu surprise, je pensais qu’il y aurait moins de monde mais ce n’est pas grave, la soirée risque d’être bien vivante 😊

Nous avions réservé une chambre privée pouvant accueillir jusqu’à cinq personnes mais nous ne serons que quatre pour la nuit. Il existe également la possibilité de dormir en dortoir. Si vous passez par-là, n’oubliez pas de réserver, la cabane est souvent victime de sa célébrité. Ils prévoient de gros duvets mais penser à prendre un sac de couchage avec vous.

On change nos vêtements trempés et on les étend où il reste de la place. On avale quelques amandes en profitant des derniers rayons du soleil. Qu’est-ce qu’on est bien! A 18h30, le souper est servi. On déguste une soupe, suivie d’une salade et d’un plat de pâtes à la bolognaise. Tout est très bon (à part le dessert mais je suis une pénible). Et on finit la soirée en jouant au Trivial Poursuit (version cartes de voyage). A 22 heures, extinction des feux, ça nous rappelle les camps de ski. On s’endort épuisé.


Chamanna Cluozza
  En plein cœur du Parc national.
Toilettes et lavabos à l’extérieur de la cabane. Pas de douches à disposition.
  +41 (0)81 856 12 35
  Chambre 40.- et 76.- avec la demi-pension.
Dortoir 30.- et 66.- avec la demi-pension.


 

Parc national Suisse - Chamanna Cluozza jusqu'à Zernez

Le lendemain, le ciel est de nouveau couvert. Nos chaussures sont encore trempées. Après avoir avalé un petit-déjeuner de champion, on repart à l’assaut du sentier. Il ne nous reste plus que trois heures de marche pour rejoindre Zernez. Ce qu’on ne savait pas (et que Raphaël s’est bien targué de nous dire), c’est qu’il y avait encore une petite montée avant d’arriver. Chloé passe devant, je la suis. Raphaël est juste derrière nous et sa maman, l’appareil photo en bandoulière, cherche les animaux un peu en retrait.

On croise un bouquetin en contre-bas du sentier. Il nous jette un regard interrogateur avant de continuer de vaquer à ses occupations.

Parc national Suisse - Chamanna Cluozza jusqu'à Zernez

Le chemin pénètre dans une épaisse forêt. On zigzague. Et puis tout à coup, le bruit des voitures se fait entendre. La civilisation. Après deux jours perdus dans la nature, le retour dans le monde moderne est toujours un peu difficile. Le moral un peu dans les chaussettes d’avoir déjà terminé cette marche de deux jours incroyables (mais humides!), je me réjouis quand même d’enfiler des chaussures sèches.

Un dernier tunnel et s’est terminé. La gare n’est plus très loin.

Parc national Suisse - Chamanna Cluozza jusqu'à Zernez

Profil de la marche

Dénivelé Fuorcla Val Sassa - Chamanna Cluozza - Zernez

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Vous avez déjà visité le Parc national suisse? Quelle est votre randonnée préférée?

 

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12 comments
  1. Tiphaine Répondre
    26 septembre 2016 à 11 h 26 min

    C’est vraiment un paysage incroyable !
    Moi qui ne suis jamais allée en Suisse (enfin si trois heures à Zurich quand j’avais 9 ans, mais je ne m’en souviens pas beaucoup), ton pays m’émerveille !

    1. Letizia Répondre
      26 septembre 2016 à 11 h 27 min

      Merci pour ton petit mot Tiphaine. Et bien sache que mon beau pays n’attend que toi 😊

  2. Amélie Répondre
    26 septembre 2016 à 18 h 25 min

    Comme les montagnes me manquent.
    Je suis déjà en train de réfléchir à où partir en janvier pour vite remédier à ce manque, et mes parents n’étant plus en Haute-Savoie, la Suisse est une jolie option. À réfléchir 🙂

    1. Letizia Répondre
      26 septembre 2016 à 18 h 33 min

      En plus l’hiver, les montagnes enneigées, la joie des sports d’hiver. Je suis sûre que tu te plairais dans notre beau pays!

  3. LadyMilonguera Répondre
    26 septembre 2016 à 19 h 41 min

    Ce paysage lunaire est assez incroyable…

    1. Letizia Répondre
      27 septembre 2016 à 9 h 26 min

      C’est vrai qu’on se croirait presque sur un volcan 😊

  4. Tiziana Répondre
    27 septembre 2016 à 21 h 26 min

    Les paysages sont magnifiques, dommage que le beau n’était pas au rendez-vous …

    Très belles photos tout de même.

    1. Letizia Répondre
      27 septembre 2016 à 21 h 32 min

      Merci maman ♥️

  5. Celia - Escapades etc. Répondre
    28 septembre 2016 à 10 h 45 min

    Que les montagnes me font envie en ce moment ! Et la Suisse aussi me fait de l’oeil…
    Sinon, en France, effectivement plouc est un terme péjoratif pour désigner par exemple les personnes qui vivent dans les campagnes qui sont un peu « has been » diront nous …

    1. Letizia Répondre
      28 septembre 2016 à 11 h 20 min

      Les montagnes si belles! Impossible de s’en lasser.
      Ah et bien merci pour la précision. Je ne sais pas si les suisses sont donc des « has been » qui vivent dans les campagnes du coup, je vais garder « faire les ploucs » avec notre bonne définition suisse qui veut plutôt dire « faire les imbéciles »

  6. Adeline Répondre
    13 janvier 2017 à 22 h 59 min

    C’est superbe, vous étiez seuls au monde ? 😀 On habite juste à côté de la frontière, ça pourrait bien être une zone qu’on ira explorer nous aussi quand il fera moins froid 🙂

    1. Letizia Répondre
      14 janvier 2017 à 15 h 42 min

      Il faisait tellement moche qu’on n’a pas croisé grand monde.

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