Suisse

Une nuit chez les trappeurs

Un retour à l’essentiel. Tout simplement. Parce qu’une nuit chez les trappeurs c’est quand même ça. On zappe l’électricité, on oublie son téléphone. On n’a pas besoin d’eau, ni de chauffage. On est là, tous les deux, au bord du feu et on profite.

C’est un de nos coups de cœur jusqu’à aujourd’hui. Un hébergement que nous avons aimé et où nous aimerions retourner. En hiver peut-être. Il faut dire que Frédéric Pasquier, maréchal-ferrant et ancien guide dans les montagnes Rocheuses est un monsieur très simple. C’est cette simplicité qu’on ressent dans ses deux tentes à l’orée de la forêt. Un peu comme nous, il n’a pas besoin de beaucoup. Juste de l’essentiel.

Nous sommes arrivés en fin d’après-midi à Maules dans le canton de Fribourg, après avoir gravi le col du Jaun en vélo. Pour tous ceux et celles qui débutent en cyclisme, il faut quand même que je vous prévienne, si des cyclistes aguerris vous disent que le col du Jaun est « facile », ne les écoutez pas, car ça n’est pas facile du tout. Frédéric nous attend devant sa maison. En fait, non, il fait autre chose en attendant notre coup de téléphone. La plupart des gens ne trouvent pas l’adresse du premier coup, alors il est un peu surpris de nous voir là.

On ne perd pas de temps, il monte dans sa voiture et nous conduit vers les cabanes. Dans son email, il nous avait demandé de prendre de bonnes chaussures, alors on s’attendait à s’enfoncer dans la forêt et à gravir une petite montagne mais les tentes n’étaient qu’à 300 mètres de la voiture. On sourit. Il nous explique qu’il ne sait jamais à qui il aura à faire, alors il préfère prévenir. Il nous regarde et sourit à son tour. Avant d’ajouter: « Je crois que je ne dois pas vous expliquer comment faire de feu. » Il nous donne notre panier pour le petit-déjeuner du lendemain et s’en va.

On prend nos quartiers. Tous les meubles ont été fabriqués par Frédéric. Un lit confortable, une kitchenette, des chaises. Nous avons de l’eau dans un bidon pour notre toilette (inutile de penser à prendre une douche!). A l’extérieur, derrière la maison, des toilettes sèches. La cabane est décorée avec goût avec des objets anciens et des clins d’œil. On ouvre les boîtes pour savoir ce qu’il y a dedans, on feuillette les livres. Nous avons à faire à des passionnés, il n’y a pas de doute.

Dormir chez les trappeurs - Prenez Place

En venant passer la nuit dans les cabanes, nous avions envie de pousser l’aventure un peu plus loin, alors nous sommes allés acheter deux excellents morceaux de viande à la boucherie, du maïs à griller et de la polenta pour faire comme les trappeurs. Je ne sais pas s’ils ont des repas si copieux quand ils partent en expédition, mais on était heureux de faire comme si. On a même fait mariner la viande à la mode du trappeur dans du sirop d’érable, des oignons, de l’huile d’olive, du sel et du poivre. Un délice! Pour ceux qui se demandent mais pourquoi ils n’ont pas pensé au dessert, détrompez-vous! Impossible de venir dans le canton de Fribourg avec Raphaël sans manger des meringues et de la double crème de Gruyères.

Raphaël s’attèle à faire le feu à l’extérieur, moi à l’intérieur. Il ne fait pas très froid mais au printemps, les températures descendent quand même, pendant la nuit. Ni une, ni deux, les feux sont allumés. On s’imagine perdu au milieu des Rocheuses, au loin, le bruits de sabots, le hennissement d’un cheval. Il n’en faudra pas plus pour qu’on ait l’impression d’être à des kilomètres de la maison et pourtant, il ne nous aura fallu qu’une heure pour venir.

Le feu est prêt. Pour ceux et celles qui ne sont pas aussi bien organisés que nous (mais vous n’avez aucune excuse maintenant que vous avez lu cet article), Frédéric propose des portions de chili con carne à réchauffer. On a préféré faire l’impasse pour un repas d’avantage dans le thème. Vous n’allez pas nous en vouloir n’est-ce pas?

Dormir chez les trappeurs - Prenez Place

Pendant que notre repas est sur le feu et que Raphaël a tout sous contrôle, je profite de faire quelques photos. Je déballe nos affaires et je mets la table. La vue depuis la terrasse est à couper le souffle. On ne s’en lasse pas. Il commence à faire frais. On enfile une veste. Le repas est prêt.

Je ne sais pas si c’est à cause des montagnes, du silence, de la cabane ou de la deuxième bière qu’on vient d’ouvrir mais tout est parfait.

Dormir chez les trappeurs - Prenez Place

On reste à l’extérieur le plus longtemps possible et quand il fait trop frais pour rester immobile, on décide d’aller à l’intérieur. Le feu démarré plus tôt dans la soirée a réchauffé la pièce. Un livre à la main, on s’assied sur le lit pour prendre le temps de ralentir.

C’est bête de devoir prendre le temps de ralentir. On devrait ne devrait pas s’enfuir dans une cabane sans connexion Internet pour en arriver là. Je ne sais pas si chez vous c’est la même chose, mais ici on vit trop vite et parfois on a du mal à suivre. On part le matin pour travailler, on essaie tant bien que mal de faire tout ce qu’on doit faire. On laisse le reste pour un autre jour. On rentre à la maison. Il faut vite aller faire les courses, faire du sport, passer l’aspirateur, préparer les repas. Qu’est-ce que ça fait du bien de ne penser à rien.

Dormir chez les trappeurs - Prenez Place

Dormir comme des trappeurs - Prenez Place

Le lendemain matin, on se réveille avec les premières lueurs du jour. On s’étire dans nos sacs de couchage et on reste là, blottis l’un contre l’autre, au chaud. Le feu s’est éteint pendant la nuit. On traîne un peu avant d’aller prendre le petit-déjeuner face à nos belles montagnes. Il est encore tôt dans la saison pour que le soleil arrive directement dans la cabane mais ce n’est pas grave, on peut en profiter jusqu’à 13 heures alors il va bien finir par arriver.

Dormir comme des trappeurs - Prenez Place

Dormir comme des trappeurs - Prenez Place


Dormir ailleurs
  Devin 11, 1625 Maules
  +41 79 153 23 53
  140.- la nuit avec sac de couchage / 170.- avec literie nordique
Nuit suivante 80.- (sans petit-déjeuner)


Vous voulez savoir quoi faire dans la région? N’hésitez pas à lire notre article sur la belle ville de Gruyères.

 

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4 comments
  1. Tiziana Répondre
    12 juillet 2017 à 10 h 49 min

    Quelle belle aventure, ça donne envie de retourner en arrière 🙂

    1. Letizia Répondre
      13 juillet 2017 à 10 h 44 min

      Je pense que l’expérience vous plairait. Vous devriez sauter le pas une fois 😉

  2. Itinera Magica Répondre
    13 juillet 2017 à 10 h 31 min

    Quel bonheur, cette cabane en pleine nature, cette ambiance rugueuse et bucolique à la fois ! superbes photos comme toujours.

    1. Letizia Répondre
      13 juillet 2017 à 10 h 43 min

      Merci Ariane ♡ C’était un peu le rêve cette cabane et la pause en pleine nature nous a fait un bien fou.

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